Le calendrier · Mis à jour le 11 juin 2026
Entretien de parcours professionnel : à quelles dates l'organiser
Trois échéances rythment le dispositif : le premier entretien dans l'année qui suit l'embauche, puis un entretien tous les 4 ans, et un état des lieux tous les 8 ans d'ancienneté. La loi du 24 octobre 2025 a allongé ces délais : pour chaque salarié déjà en poste, l'échéancier est à recalculer. Le tableau ci-dessous résume ce qui change ; la suite vous donne la méthode de recalcul, cas concrets à l'appui.
Les trois échéances à retenir
Tout se compte en ancienneté dans l'entreprise, jamais en âge. Les rendez-vous liés à l'âge (mi-carrière vers 45 ans, fin de carrière avant 60 ans) suivent une autre logique, détaillée dans les entretiens obligatoires. Pour le seul entretien de parcours professionnel, le calendrier tient en trois lignes :
| Le rendez-vous | Avant le 26 octobre 2025 | Depuis la loi |
|---|---|---|
| Premier entretien | Dans les 2 ans suivant l'embauche | Dans l'année suivant l'embauche |
| Entretiens suivants | Tous les 2 ans | Tous les 4 ans |
| État des lieux récapitulatif | « Bilan » tous les 6 ans | Tous les 8 ans : à 8, 16, 24 ans de présence |
| Échéances en cours au 26 octobre 2025 | Allongées à due proportion des nouvelles durées (détail au piège n° 2) | |
Pour vos recrutements récents, le premier entretien arrive plus tôt qu'avant : rien n'était exigé avant deux ans sous l'ancien régime. Pour l'état des lieux, le ministère recommande de l'organiser avant que le salarié n'atteigne sa neuvième année de présence.
Un mot sur le vocabulaire : l'état des lieux reste un entretien de parcours professionnel, qui ajoute à ses cinq thèmes le point écrit sur les huit années écoulées. Ce rendez-vous sert de contrôle : c'est à ce moment qu'une sanction de 3 000€ peut se déclencher dans les entreprises d'au moins 50 salariés.
Comment on compte : en années révolues
Le point de départ, c'est la date d'embauche pour le premier rendez-vous, puis la date du dernier entretien pour les suivants. On raisonne en années révolues : l'échéance des quatre ans est atteinte quand le salarié boucle sa quatrième année depuis le précédent entretien.
Sophie, recrutée le 12 mars 2026
Dans la PME de Nathalie, son premier entretien doit se tenir avant le 12 mars 2027. Le suivant est attendu autour de mars 2031, puis mars 2035, et ainsi de suite. Son premier état des lieux, lui, tombera à ses huit ans de présence, soit en 2034, un compteur distinct, qui tourne en parallèle sans jamais remplacer celui des quatre ans.
- avant 12/03/2027 1ᵉʳ entretien (dans l'année de l'embauche)
- mars 2031 Entretien des 4 ans
- mars 2035 Entretien des 8 ans
- 2034 État des lieux (8 ans de présence, avant 9 ans)
Le piège n° 1 : les congés qui gèlent le compteur
L'ancienneté qui sert au calendrier ne progresse que pendant les périodes de travail effectif ou assimilées. Certaines suspensions du contrat mettent le compteur en pause : le congé parental d'éducation à temps plein, le congé sabbatique, le congé sans solde. Cette règle de droit commun de l'ancienneté existait avant la loi Seniors, mais elle décale vos échéances.
Karim, douze mois de congé parental
Karim devait passer son entretien des quatre ans en septembre 2028. Il prend un congé parental à temps plein de douze mois en 2027 : son compteur se fige pendant un an, et son entretien glisse à septembre 2029. À vérifier salarié par salarié, sauf si un accord collectif plus favorable prévoit de ne pas neutraliser ces périodes.
L'entretien de reprise au retour du congé est un rendez-vous séparé : il s'ajoute au cycle, sans remplacer l'entretien des 4 ans décalé.
À ne pas confondre avec l'entretien de reprise : au retour d'un congé maternité, parental ou d'un arrêt long, un entretien doit être proposé, quelle que soit la prochaine échéance du cycle. Le congé suspend le décompte d'un côté, et ouvre un rendez-vous au retour de l'autre.
Le piège n° 2 : recalculer les échéances héritées de 2025
Au 26 octobre 2025, beaucoup de salariés étaient déjà engagés dans l'ancien rythme (un entretien tous les deux ans, un état des lieux à six ans). La règle posée par le ministère est claire : les délais non encore expirés à cette date sont allongés à due proportion : la nouvelle durée s'applique depuis le même point de départ que l'ancienne. Le compteur garde son origine ; seule la durée change.
Deux situations, chez Martin, 58 ans, embauché en 2020 :
Ses entretiens réguliers
Son dernier entretien date de décembre 2023. Sous l'ancienne règle, le suivant était dû en décembre 2025. Avec la durée de quatre ans appliquée depuis décembre 2023, il peut désormais se tenir en décembre 2027.
Son état des lieux
Son récapitulatif des six ans tombait en 2026. Calculé depuis son embauche avec la nouvelle durée de huit ans, il est désormais attendu en 2028.
- déc. 2023 Dernier entretien de Martin · point de départ
-
déc. 2025Échéance des 2 ans, abandonnée
- déc. 2023 Même point de départ, inchangé
- déc. 2027 Échéance des 4 ans, appliquée à due proportion
Le compteur garde son origine de décembre 2023 : on ne repart pas de zéro, on remplace la durée de 2 ans par celle de 4 ans.
Cette fenêtre de rattrapage est officielle ; elle se refermera à mesure que les états des lieux recalculés arriveront à échéance, dès 2027-2028. Pour Nathalie, la conséquence est concrète : tout son échéancier est à reprendre, salarié par salarié, en repartant de la dernière date connue et en appliquant les nouvelles durées. Le reste de la réforme (sanctions, négociation, nouveaux dispositifs) est décrypté dans la loi Seniors en clair.
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