Le calendrier · Mis à jour le 10 juin 2026

Entretien de parcours professionnel : à quelles dates l'organiser

Trois échéances rythment le dispositif : le premier entretien dans l'année qui suit l'embauche, puis un entretien tous les 4 ans, et un état des lieux tous les 8 ans d'ancienneté. La loi du 24 octobre 2025 a allongé ces délais : pour chaque salarié déjà en poste, l'échéancier est à recalculer. Voici comment, avec les cas concrets.

Les trois échéances à retenir

Tout se compte en ancienneté dans l'entreprise, jamais en âge — les rendez-vous liés à l'âge (mi-carrière vers 45 ans, fin de carrière avant 60 ans) suivent une autre logique, détaillée dans les entretiens obligatoires. Pour le seul entretien de parcours professionnel, le calendrier tient en trois lignes :

  • Le premier entretien se tient au cours de la première année suivant l'embauche. Avant la réforme, rien n'était exigé avant deux ans : pour vos recrutements récents, l'échéance arrive donc plus tôt qu'auparavant.
  • Les entretiens suivants reviennent ensuite tous les 4 ans (la règle était de deux ans jusqu'au 25 octobre 2025).
  • L'état des lieux récapitulatif a lieu tous les 8 ans de présence — à 8, 16, 24 ans d'ancienneté. Le ministère recommande de l'organiser avant que le salarié n'atteigne sa neuvième année.

Un mot sur le vocabulaire : l'état des lieux n'est pas un entretien de plus, c'est un entretien de parcours professionnel à contenu renforcé, qui fait le point écrit sur les huit années écoulées. C'est lui qui sert de contrôle, et c'est à ce moment qu'une sanction de 3 000 € peut se déclencher dans les entreprises d'au moins 50 salariés.

Comment on compte : en années révolues

Le point de départ, c'est la date d'embauche pour le premier rendez-vous, puis la date du dernier entretien pour les suivants. On raisonne en années révolues : l'échéance des quatre ans est atteinte quand le salarié boucle sa quatrième année depuis le précédent entretien.

Prenez Sophie, recrutée le 12 mars 2026 dans la PME de Nathalie. Son premier entretien doit se tenir avant le 12 mars 2027. Le suivant est attendu autour de mars 2031, puis mars 2035, et ainsi de suite. Son premier état des lieux, lui, tombera à ses huit ans de présence, soit en 2034 — un compteur distinct, qui tourne en parallèle sans jamais remplacer celui des quatre ans.

Le piège n° 1 : les congés qui gèlent le compteur

L'ancienneté qui sert au calendrier ne progresse que pendant les périodes de travail effectif ou assimilées. Certaines suspensions du contrat mettent le compteur en pause : le congé parental d'éducation à temps plein, le congé sabbatique, le congé sans solde. Ce n'est pas une nouveauté de la loi Seniors, c'est la règle de droit commun de l'ancienneté — mais elle décale vos échéances.

Karim devait passer son entretien des quatre ans en septembre 2028. Il prend un congé parental à temps plein de douze mois en 2027 : son compteur se fige pendant un an, et son entretien glisse à septembre 2029. À vérifier salarié par salarié, sauf si un accord collectif plus favorable prévoit de ne pas neutraliser ces périodes.

À ne pas confondre avec l'entretien de reprise : au retour d'un congé maternité, parental ou d'un arrêt long, un entretien doit être proposé, quelle que soit la prochaine échéance du cycle. Le congé suspend le décompte d'un côté, et ouvre un rendez-vous au retour de l'autre.

Le piège n° 2 : recalculer les échéances héritées de 2025

Au 26 octobre 2025, beaucoup de salariés étaient déjà engagés dans l'ancien rythme (un entretien tous les deux ans, un état des lieux à six ans). La règle posée par le ministère est claire : les délais non encore expirés à cette date sont allongés à due proportion, la nouvelle durée s'appliquant depuis le même point de départ que l'ancienne. On ne repart pas de zéro, et on ne fige pas l'ancienne date.

Deux situations, chez Martin, 58 ans, embauché en 2020 :

  • Sur ses entretiens réguliers. Son dernier entretien date de décembre 2023. Sous l'ancienne règle, le suivant était dû en décembre 2025. Avec la durée de quatre ans appliquée depuis décembre 2023, il peut désormais se tenir en décembre 2027.
  • Sur son état des lieux. Son récapitulatif des six ans tombait en 2026. Calculé depuis son embauche avec la nouvelle durée de huit ans, il est désormais attendu en 2028.

Cette fenêtre de rattrapage est officielle, mais elle n'est pas éternelle. Pour Nathalie, la conséquence est concrète : tout son échéancier est à reprendre, salarié par salarié, en repartant de la dernière date connue et en appliquant les nouvelles durées.

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Sources