Le système complet · Mis à jour le 10 juin 2026
Les entretiens obligatoires : un seul entretien légal, plusieurs rendez-vous
On en parle au pluriel, la loi n'en connaît qu'un : l'entretien de parcours professionnel, instauré par la loi Seniors du 24 octobre 2025, se décline en plusieurs rendez-vous au fil de la carrière — dans l'année de l'embauche, tous les 4 ans, vers 45 ans, avant 60 ans. Il s'impose à toutes les entreprises, sans seuil d'effectif. Voici la frise complète de ces rendez-vous, le second compteur à ne pas confondre avec eux, et le formalisme qui vous protège.
La frise : les rendez-vous au fil de la carrière
Dans l'année qui suit l'embauche
Le premier entretien de parcours professionnel se tient au cours de la première année de présence du salarié. Avant la réforme, rien n'était exigé avant 2 ans : pour les recrutements récents, l'échéance arrive donc plus vite qu'avant.
Puis tous les 4 ans
L'entretien revient ensuite tous les 4 ans, autour de 5 thèmes imposés : compétences et qualifications, parcours, besoins de formation, souhaits d'évolution (y compris reconversion, VAE, bilan de compétences), information sur le CPF et le conseil en évolution professionnelle. La règle était de 2 ans jusqu'au 25 octobre 2025. Les dates précises, le recalcul des échéances déjà engagées et l'effet des congés sur le compteur sont réunis dans le calendrier de l'entretien professionnel.
Vers 45 ans — l'« entretien de mi-carrière »
Organisé dans les 2 mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière, prévue autour du 45e anniversaire. Trois sujets s'ajoutent aux thèmes habituels : la prévention de l'usure professionnelle, les aménagements de poste, les souhaits de mobilité ou de reconversion.
Entre 58 et 60 ans — l'« entretien de fin de carrière »
C'est le premier entretien organisé dans les 2 ans précédant le 60e anniversaire du salarié. Au programme : retraite progressive, cumul emploi-retraite, passage à temps partiel, aménagement de poste, transmission des savoirs. C'est le rendez-vous où Martin, 58 ans, vous demandera sa date de départ à taux plein — mieux vaut arriver avec des réponses.
En parallèle, un second compteur tourne : l'état des lieux
La frise ci-dessus mêle deux logiques : les deux premiers rendez-vous dépendent de l'ancienneté, les deux suivants de l'âge. L'état des lieux, lui, ne dépend que de l'ancienneté : tous les 8 ans de présence, vous récapitulez par écrit la période écoulée en vérifiant deux points — le salarié a-t-il bénéficié de ses entretiens, et a-t-il suivi au moins une formation non obligatoire ? Si les deux manquent à la fois, et seulement dans ce cas, la sanction de 3 000 € se déclenche dans les entreprises de 50 salariés et plus. Ces deux compteurs coexistent pour chaque salarié et ne se remplacent jamais ; leurs dates exactes, et leur recalcul depuis la loi, se trouvent dans le calendrier de l'entretien professionnel.
La réforme maintient par ailleurs les entretiens de reprise : au retour d'un congé maternité, parental, d'adoption, sabbatique, d'un arrêt longue maladie ou d'un mandat syndical, un entretien doit être proposé, quelle que soit la prochaine échéance du cycle de 4 ans.
Le formalisme : la checklist qui vous protège
- Un entretien distinct de l'entretien annuel d'évaluation. Les deux peuvent se tenir le même jour, mais en deux temps séparés, avec deux trames et deux comptes rendus.
- Un compte rendu écrit, remis au salarié : thèmes abordés, souhaits exprimés, actions proposées. C'est votre preuve le jour de l'état des lieux — un entretien sans trace écrite est un entretien indéfendable.
- La visioconférence est admise, précisément à cette condition : un compte rendu écrit remis au salarié.
- Une convocation écrite, avec l'objet du rendez-vous et un délai raisonnable. La loi ne l'exige pas, mais elle date l'entretien et prouve votre initiative.
- Des trames à jour : les 5 thèmes du nouveau régime, plus l'usure professionnelle à mi-carrière et le volet retraite en fin de carrière. Une trame d'avant octobre 2025 ne couvre plus l'obligation.
- Un animateur préparé : manager ou RH, peu importe, à condition de maîtriser les thèmes — ou de s'appuyer sur un expert pour les questions retraite, que personne en interne ne sait traiter.
- Le refus du salarié se trace : l'obligation pèse sur vous, pas sur lui. Conservez la convocation, la relance et le refus écrit pour démontrer votre diligence.
Pour aller plus loin
- Le calendrier de l'entretien professionnel — les dates exactes, le recalcul des échéances depuis la loi, l'effet des congés sur le compteur
- L'entretien senior sous toutes les coutures — mi-carrière et fin de carrière : déroulé, trames, questions des salariés
- La loi Seniors en clair — tout le texte décrypté, avec le calendrier des échéances
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