Le système complet · Mis à jour le 11 juin 2026

Entretiens obligatoires en entreprise : la liste complète et vos échéances

Depuis la loi Seniors du 24 octobre 2025, cinq rendez-vous sont obligatoires, dans toutes les entreprises, sans seuil d'effectif : un entretien dans l'année qui suit l'embauche, puis tous les 4 ans, un état des lieux tous les 8 ans d'ancienneté, un entretien vers 45 ans et un dernier avant les 60 ans du salarié. Tous vos salariés ne sont pas concernés au même moment : tout dépend de deux compteurs distincts, l'ancienneté et l'âge.

La liste en un tableau

Le rendez-vous Quand Compteur Ce qui se joue
Premier entretien de parcours professionnel Dans l'année qui suit l'embauche Ancienneté Le point de départ du cycle
Entretien de parcours professionnel Tous les 4 ans Ancienneté Les 5 thèmes imposés par la loi
État des lieux Tous les 8 ans de présence Ancienneté Le contrôle qui peut déclencher la sanction de 3 000€
« Entretien de mi-carrière » Dans les 2 mois suivant la visite médicale de mi-carrière, vers 45 ans Âge Usure professionnelle, aménagements, reconversion
« Entretien de fin de carrière » Dans les 2 ans précédant le 60e anniversaire Âge Retraite progressive, cumul, temps partiel, transmission
Entretien de reprise Au retour de certains congés longs Événement Reprendre le fil après une absence

Ces rendez-vous portent des noms différents, mais la loi n'en connaît qu'un : tous sont des déclinaisons de l'entretien de parcours professionnel, dont les versions de mi-carrière et de fin de carrière sont des éditions à contenu renforcé. Une seule mécanique, deux compteurs : l'ancienneté pour les trois premiers rendez-vous, l'âge pour les deux suivants. Ils ne se remplacent jamais l'un l'autre.

Le compteur ancienneté : 1 an, 4 ans, 8 ans

Ce compteur démarre à l'embauche et ignore totalement l'âge du salarié. Le premier entretien de parcours professionnel se tient au cours de la première année de présence. L'ancien régime n'exigeait rien avant 2 ans : l'échéance arrive donc plus vite qu'avant. L'entretien revient ensuite tous les 4 ans, autour de 5 thèmes imposés : compétences et qualifications, parcours, besoins de formation, souhaits d'évolution (y compris reconversion, VAE, bilan de compétences), information sur le CPF et le conseil en évolution professionnelle.

Tous les 8 ans de présence (à 8, 16, 24 ans) s'ajoute l'état des lieux : un récapitulatif écrit de la période écoulée, qui vérifie deux points. Le salarié a-t-il bénéficié de ses entretiens ? A-t-il suivi au moins une formation non obligatoire ? Si les deux manquent à la fois, et seulement dans ce cas, la sanction de 3 000€ se déclenche dans les entreprises de 50 salariés et plus. C'est la ligne rouge du tableau : le seul rendez-vous directement adossé à une sanction chiffrée.

Pour les salariés déjà en poste, les échéances qui couraient au 26 octobre 2025 ont été allongées à due proportion du passage aux cycles de 4 et 8 ans. Le recalcul date par date, et l'effet des congés sur le compteur, sont détaillés dans le calendrier de l'entretien de parcours professionnel.

Le compteur âge : 45 ans, puis 58-60 ans

Ce second compteur ne regarde ni la date d'embauche ni l'ancienneté : il suit l'anniversaire du salarié, et il concerne directement votre pyramide des âges.

Vers 45 ans, l'« entretien de mi-carrière » s'organise dans les 2 mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière. Trois sujets s'ajoutent aux thèmes habituels : la prévention de l'usure professionnelle, les aménagements de poste, les souhaits de mobilité ou de reconversion.

Entre 58 et 60 ans vient l'« entretien de fin de carrière » : la loi fixe le premier rendez-vous dans les 2 ans précédant le 60e anniversaire. Au programme : retraite progressive, cumul emploi-retraite, passage à temps partiel, aménagement de poste, transmission des savoirs. C'est l'entretien où Martin, 58 ans, vous demandera sa date de départ à taux plein. Mieux vaut arriver avec des réponses ; le déroulé complet est dans notre guide de l'entretien senior.

Un responsable RH et une salariée senior en entretien professionnel, un carnet ouvert sur la table, dans un bureau lumineux
L'entretien de fin de carrière se tient dans les deux ans précédant les 60 ans du salarié.

Hors compteurs : l'entretien de reprise

La réforme maintient les entretiens de reprise : au retour d'un congé maternité, parental, d'adoption, sabbatique, d'un arrêt longue maladie ou d'un mandat syndical, un entretien doit être proposé, quelle que soit la prochaine échéance du cycle de 4 ans. Il s'ajoute au cycle, sans toucher aux compteurs.

Trois salariés de Nathalie, trois réponses

Nathalie, RRH d'une PME de 80 salariés, passe son effectif en revue :

La recrue de janvier 2026

Embauchée après la loi, elle relève du nouveau régime pur : premier entretien de parcours professionnel avant janvier 2027, le suivant en 2031, son premier état des lieux en 2034. Seul le compteur ancienneté tourne pour l'instant.

Sylvie, 47 ans, 12 ans d'ancienneté

Ses deux compteurs tournent. Côté ancienneté, ses échéances en cours au 26 octobre 2025 sont recalculées selon la règle de transition (le mode d'emploi est dans le calendrier). Côté âge, elle a passé 45 ans sans visite médicale de mi-carrière ni entretien : les textes ne tranchent pas le rattrapage, et le plus prudent est de l'intégrer à votre plan sans attendre.

Martin, 58 ans

Peu importe son ancienneté : ses 60 ans approchent, son entretien de fin de carrière doit être organisé maintenant. Nathalie prépare le rendez-vous avec notre trame d'entretien de fin de carrière et anticipe les questions retraite qu'aucune trame seule ne sait traiter.

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Le formalisme : la checklist qui vous protège

  • Un entretien distinct de l'entretien annuel d'évaluation. Les deux peuvent se tenir le même jour, mais en deux temps séparés, avec deux trames et deux comptes rendus.
  • Un compte rendu écrit, remis au salarié : thèmes abordés, souhaits exprimés, actions proposées. C'est votre preuve le jour de l'état des lieux. Un entretien sans trace écrite est un entretien indéfendable. Le compte rendu à remettre fait partie de la trame que nous travaillons avec vous.
  • La visioconférence est admise, précisément à cette condition : un compte rendu écrit remis au salarié.
  • Une convocation écrite, avec l'objet du rendez-vous et un délai raisonnable. La loi ne l'exige pas, mais elle date l'entretien et prouve votre initiative.
  • Des trames à jour : les 5 thèmes du nouveau régime, plus l'usure professionnelle à mi-carrière et le volet retraite en fin de carrière. Une trame d'avant octobre 2025 ne couvre plus l'obligation.
  • Un animateur préparé : manager ou RH, peu importe, à condition de maîtriser les thèmes, ou de s'appuyer sur un expert pour les questions retraite, plus techniques.
  • Le refus du salarié se trace : l'obligation pèse sur vous, pas sur lui. Conservez la convocation, la relance et le refus écrit pour démontrer votre diligence.

Pour aller plus loin

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Sources officielles